Les hommes mangent-ils des carnivores ?

Dans son livre Green for Life qui fait référence dans le domaine de l’alimentation crue et surtout des smoothies verts, Victoria Boutenko fait la remarque suivante :

« Plants’ lives depend on sunshine, and our life depends on plants. Even when people eat animals they eat them for the sake of the nutrients that the animal received earlier through consuming plants. That is why humans almost never eat carnivorous animals but only the ones that eat plants. » (North Atlantic Books, 2010, p.88)

Ma traduction : la vie des plantes dépend de la lumière du soleil, et notre vie dépend des plantes. Même lorsque les hommes mangent des animaux, ils le font pour s’approprier les nutriments que ceux-ci ont reçu précédemment en consommant des végétaux. C’est la raison pour laquelle les humains ne mangent presque jamais de carnivores mais seulement ceux qui mangent des végétaux.

Alors là, j’étais estomaquée car je ne l’avais jamais remarqué. Mais Victoria Boutenko dit-elle vrai ? Au moment où je lisais ces lignes, j’étais en train d’allaiter mon fils. Et alors qu’il s’endormait, voilà que je me suis mise à passer en revue une litanie d’animaux, ce qui aurait pu m’endormir si je ne m’étais alors décidée à ouvrir ce blog auquel je pense depuis deux ans…

Le mouton : herbivore

Cet animal là se nourrit d’herbe !

Le vache / le veau / le boeuf : herbivores, sauf quand on leur donne des farines animales mais en Europe, depuis le scandale de la vache folle, ouf, c’est interdit…

Le lapin : herbivore. J’en mangeais quand j’étais petite mais y a-t-il encore des gens qui mangent du lapin en France ? Je n’en ai jamais vu au menu des restaurations collectives. Cela ne semble guère à la mode. Quand il y a trois ans, j’allais encore dans une bonne boucherie, jamais je n’en ai vu.

Le cheval : herbivore. Mais « boucherie chevaline » est une devanture qui ne se voit plus et pour ma part, je n’ai jamais goûté.

A en croire ce premier article, on va finir par penser que la consommation de viande en France a diminué. Mais les carnivores ne mangent-ils que des steaks ? Ah non, il y a le jambon ! J’allais oublier le chouchou des sandwichs conventionnels et de l’accompagnement de bien des plats de pâtes servis aux enfants (pas les miens). Son élevage intensif et ses conséquences pourraient être le sujet d’un prochain article.

Le cochon : je suppose que les cochons qui ont accès à un habitat naturel mangent essentiellement des glands et des châtaignes et au fond de ma mémoire, je me dis que le « bon vieux cochon » de ferme mangeait tous les restes, quels qu’ils soient. Ce serait donc un omnivore, d’autant que le sanglier est qualifié comme tel (quoi que les végétaux constituent environ 90% de son alimentation). Par contre, l’industrie de la mer produit des farines de poisson à l’attention des élevages de porcs français. Comme pour les volailles, l’emploi de graisses d’origine animale est aussi autorisé.

Ah ! Nous y venons ! Je crois que j’ai une faille : la poule ! Je suppose qu’une poule qui gambade où elle veut, comme celle de mes parents ou de mes voisins, picore des vers qu’elle trouve dans le sol. Bienheureuse cette poule là, ce n’est pas une poule en cage qui pourrait en faire autant ! A ce propos, regardez bien le code tamponné sur les oeufs que vous achetez (si vous en achetez) et bannissez ceux qui portent le chiffre « 3 » : ce sont des oeufs de poules en cage. Pour plus d’infos : http://oeufs.org/consommer.php

L’oie domestique : selon le même Wikipedia, elle se nourrit de végétaux.

Le gibier type biche, chevreuil, daim : herbivores

Le faisan : omnivore

Le canard : Wikipedia m’apprend que le colvert « est omnivore et se nourrit de poissons et d’herbes, de graines et de vers, de grenouilles et d’insectes. » Boutenko a faux.

Quant aux poissons, je ne sais si Victoria Boutenko les inclut et pour ma part, je ne m’y connaît pas suffisamment pour dire si ceux mangés par l’homme sont majoritairement carnivores ou des « herbivores marins » se nourrissant d’algues…

Si j’ai tout d’abord été plutôt déçue par ces premières conclusions, j’ai alors réalisé que je n’avais fait que passer en revue des animaux mangés par l’homme, majoritairement herbivores auxquels s’ajoutent quelques omnivores au régime essentiellement végétal. Mais qu’en est-il des animaux que l’homme ne mangent pas ? Le renard et le loup, par exemple : voilà deux exemples de carnivores qu’à ma connaissance l’homme s’est acharné à exterminer sans les manger… De même, l’homme utilise les rapaces pour l’aider à chasser des herbivores mais ne les mange pas. Alors, la remarque de Victoria Boutenko semble plus pertinente. Elle cite les lions, les tigres, les léopards, les renards, les aigles et les pélicans et raconte que des membres de sa famille affamés pendant la guerre en ont été réduits à manger des carnivores et qu’ils sont tombés malades. Il semblerait donc mieux valoir ne pas être trop loin des végétaux dans la chaîne… D’ailleurs, ce soir, si j’ai une pêche phénoménale, c’est peut-être parce que j’ai mangé un smoothie vert.

Pour un premier article, voilà qui peut prêter à débat ! D’autant que les animaux d’élevage actuels n’ont plus grand chose à voir avec leurs ancêtres plus ou moins lointains et que les différences sont considérables entre les élevages, que ce soit à l’échelle de la France ou de la planète… Mon sommeil étant le chaînon manquant à mon alimentation végétale super énergisante, je ne vous garantie aucunement de répondre à vos commentaires, que j’espère, chers lecteurs, indulgents et constructifs. Si vous êtes arrivés jusque là, merci de m’avoir lue !!

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