Les éleveurs défendent leur bifsteack

Viande bovine/Pac : les producteurs français, italiens, espagnols et irlandais signent un manifeste

« Le Sommet de l’élevage près de Clermont-Ferrand a été l’occasion pour l’élevage de faire entendre sa voix. […] L’élevage est le parent pauvre de la PAC. Malgré une demande mondiale en viande bovine en hausse et une population croissante, la production bovine est en berne. Le secteur en crise doit être soutenu, les spécificités de l’élevage prises en compte. […] La PAC doit davantage soutenir l’élevage pour ne pas assister dans les années à venir à une « végétalisation » de notre agriculture ».

J’ai choisi de citer ces extraits du n°3 du Quotidien du Sommet de l’Elevage parce que j’ai été très amusée par cette expression « végétalisation de notre agriculture ». Personnellement, je serais ravie si notre agriculture et notre alimentation se « végétalisaient ». Il n’y a pas de honte à se nourrir de céréales, de légumineuses, de fruits et de légumes. Voilà qui ferait du bien à notre chère planète et à notre santé.

Que chacun défende ses intérêts n’a rien de surprenant et est tout à fait compréhensible. Personnellement, je ne pense pas que la viande soit l’aliment d’avenir, même s’il y a en France des éleveurs qui font un travail admirable du point de vue de leur profession. Mais l’élevage répond à une logique de marché alors qu’il serait bon de revoir dans sa globalité notre façon de nous nous nourrir et de produire des aliments.

Face à l’augmentation de la population mondiale, rendement et productivité sont présentés comme les défis à relever. Mais on oublie que nourrir des bêtes avant de nourrir des hommes est un gâchis phénoménal quand les surfaces utilisées pour nourrir du bétail pourraient être consacrées à produire des aliments directement consommables par les hommes. Selon Bruno Parmentier (Nourrir l’humanité. Paris : Editions la Découverte, 2007), sur un hectare de bonne terre et avec des moyens technique optimums, un agriculteur peut nourrir toute l’année jusqu’à 30 personnes avec des légumes, des fruits, des céréales et des matières grasses végétales. Si l’on consacre cette surface à la production d’oeufs, de lait ou de viande, on ne nourrit plus que 5 à 10 personnes.

Il y a malheureusement trop peu de voix encore pour affirmer qu’une alimentation végétale ou du moins à teneur réduite en protéines animales pourrait être la solution.

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