X:enius – Vive l’alimentation végétale ! C’est bon pour la santé et l’environnement !

Je vous invite à regarder l’émission d’Arte

X:enius – Doit-on encore manger de la viande ?

Dépêchez-vous, elle n’est disponible que jusqu’au 11 novembre.

Le reportage a été réalisé par des allemands. Pas étonnant car ce pays a dans le domaine de l’alimentation végétale aussi une longueur d’avance sur nous les Gaulois. Au pays de la saucisse, il est bien plus facile de se déclarer végétalien : paradoxalement, les mangeurs de jarets de porcs sont plus compréhensifs. Un très grand nombre de restaurants affichent à leurs menus des plats végétariens (j’en rêve pour la France). Il y aurait en Allemagne 9% de végétariens contre 2 ou 3% en France (Source : Terra Eco n°37, juin 2012). Dans la plupart des grandes villes on trouve des restos végétaliens. Par exemple, si vous êtes de passage à Düsseldorf, je vous recommande l’une des adresses Sattgrün : des plats 100 % végétal, extrêmement savoureux, à prix vraiment abordable et des gérants très sympathiques. Si vous vous approvisionnez dans une boutique bio, vous n’aurez pas manqué de remarquer que de nombreux produits sont importés de ce pays : la production française n’est pas suffisante pour faire face à la demande tandis que l’Allemagne a une tradition végétale plus ancienne et un maillon de PME dans le secteur plus développé.

Pour en revenir à l’émission X:enius, je l’ai trouvée très positive sur l’alimentation végétale : les journalistes ont l’air d’apprécier les plats préparés par le prof de cuisine vegan, on y voit notamment une sportive de haut niveau également chercheuse et un scientifique très positifs sur cette alimentation ainsi qu’une éleveuse de porcs devenue végétarienne dont le mari s’est mis à la fabrication de tofu.

Mon seul bémol, c’est que l’émission met l’accent sur les produits simili-carnés : soja, lupin, seitan. Or, j’y reviendrai dans un article ultérieur mais les protéines sont des molécules formées d’acides aminés. Il y a 8 acides aminés dits essentiels parce que le corps humain ne peut les synthétiser lui-même. Ces acides aminés essentiels sont présents dans la viande… mais aussi dans le soja, le lupin, le seitan, le chanvre, le quinoa. En outre, si on associe certains végétaux entre eux, on absorbe l’ensemble des acides aminés essentiels : par exemple céréale + légumineuse, maïs + légumineuse, etc. En fait, le Rapport Campbell établit que celui qui a une alimentation végétale variée et complète (pas de produits raffinés) absorbe l’ensemble des acides aminés essentiels. Et dans la nouvelle édition de son livre qui fut pionnier il y a une trentaine d’années Diet for a small Planet, Frances Moore Lappe signale que contrairement à ce qu’elle avait dit dans sa première édition, il n’y a pas forcément besoin que cette association se fasse au cours d’un même repas. Je crois que l’essentiel est de manger des produits végétaux variés et de bonne qualité (issus de l’agriculture biologique, frais, le plus possible de proximité, non raffinés).

Je retranscris ci-dessous les points du reportage que j’ai trouvés les plus intéressants. Cela fait du bien de voir des journalistes d’un média grand public vanter les mérites de l’alimentation végétale !

En 50 ans, la consommation annuelle de viande est passée de 64 à 90 kg par personne dans les pays industrialisés.

La consommation croissante de viande nuit au climat et à l’environnement.

La moitié de la production céréalière mondiale sert à nourrir du bétail et non des êtres humains car pour produire 1 kg de viande, il faut 40 m² de terre et jusqu’à 15 kg d’aliments pour bétail. Or, sur cette même surface, on pourrait aussi produire 120 kg de carottes et 80 kg de pommes.

Seules l’Italie, la France et la Roumanie ont un climat adapté à la production de soja. Mais des chercheurs travaillent  déjà sur de nouvelles variétés exploitables dans toute l’Europe.

« Je n’aime pas manger de la chair morte. » (Quelqu’un qui pense comme moi et le dit face à la caméra !!! C’est la femme de l’éleveur de porcs qui va finir par abandonner complètement l’élevage pour ne plus faire que du tofu.)

Les protéines végétales sont plus faciles à décomposer pour l’organisme donc plus digestes.

Le lupin n’a pas besoin d’engrais pour se développer. Comme le soja, il a la capacité à fixer l’azote de l’air (c’est le cas de toutes les légumineuses) grâce à des bactéries placées dans ses racines. Ainsi, il a un bon rendement, même sur des sols pauvres.

Nous consommons 250 g de viande par jour et par personne en moyenne. Et pourtant, d’après les nutritionnistes, un tiers suffirait largement.

« Les végétariens sont en meilleure santé, ils vivent plus longtemps et ils sont moins touchés par les maladies de civilisation. » Professeur Hans Hauner, Nutritionniste, Université de Munich.

Il a été prouvé que l’excès de viande augmente le risque de cancer du côlon et qu’une consommation importante de viande très grasse pouvait favoriser d’autres maladies comme les affections cardio-vasculaires.

Des chercheurs ont calculé que si plus personne ne mangeait de viande, le réchauffement climatique se stabiliserait d’ici 2050.

Le seul fait de réduire notre consommation [de viande] aurait déjà des effets positifs sur l’environnement.

C’est Quentin qui m’a fait découvrir ce reportage. Suite à l’émission, il me demande où à Paris on peut trouver à un prix abordable du soja, du lupin et du seitan bio. N ‘étant pas parisienne, je n’en ai aucune idée. Biocoop ? Quelqu’un sait ?

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