J’ai vu un robot de traite

J’ai vu la démonstration d’un robot de traite fabriqué par l’un des constructeurs les plus réputés.

Petit explicatif : quand il n’y a pas si longtemps les paysans avaient moins d’une dizaine de vaches, il était faisable de traire les vaches une part une. Puis avec la concentration des élevages, on comprend aisément qu’un éleveur ne peut pas se permettre de traire une par une ses 80 vaches (grosso modo la taille moyenne d’un élevage laitier en France. En Allemagne, on tourne plutôt autour de 200 et 800 aux USA). Sont donc apparus des systèmes permettant à un éleveur de traire ses vaches en un temps le plus court possible.

J’étais donc là devant un robot de traite. Contrairement aux dispositifs que vous avez peut-être vus dans votre enfance où l’éleveur venait placer les trayons sur les mamelles des vaches une part une, dans un robot de traite, la vache va d’elle même entre des barrières de métal où elle va être traite par un robot. Si comme moi vous êtes une femme, que vous avez allaité et que vous avez souffert d’un engorgement parce que votre enfant a dormi exceptionnellement longtemps, vous comprenez pourquoi la vache va seule dans le robot. Donc j’étais là devant ce robot de traite. La démonstration ne se faisait pas sur une vache de chair (et de lait) et d’os mais sur des mamelles en plastique. J’ai donc vu un bras de robot s’avancer vers les mamelles. D’après celui qui m’accompagnait, le robot répliquait de façon exceptionnelle le mouvement qu’aurait fait la main de l’homme. Le bras est venu placer les trayons sur les mamelles, en tâtonnant à peine. Travaillant dans l’industrie et familière des machines et automatismes, rien de surprenant pour moi. S’en est suivi le bruit familier de la traite – qui rappelle d’ailleurs étrangement celui d’un tire-lait, en plus fort, bien entendu.

Ca y est : la bête est traite ! Et là, la machine ne répliquait plus du tout la main de
l’homme ! C’était un peu comme si la programmation s’était arrêtée là. Le bras soit-disant presque humain ne revenait pas vraiment enlever les trayons : les trayons étaient quasiment arrachés ! Je vous jure que j’en avais presque mal de voir ça. Et pourtant, c’était sur des mamelles en plastique. C’était d’ailleurs peut-être l’une des raisons pour lesquelles les mamelles étaient celles d’un mannequin et non d’une vraie vache. Un à un, les trayons ont été littéralement arrachés des mamelles. Et une mamelle a accroché particulièrement, ce qui fait que la machine a d’autant plus tiré. A côté de moi, un homme s’est alors
exclamé : « Ouille ! Je n’aimerais pas qu’on me fasse ça ! » Et il avait l’air lui aussi d’avoir mal rien que de le voir.

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