Quelques idées végétales et gourmandes pour faire durer Noël + impact environnemental de l’alimentation, banane et chlordécone

Noël est passé comme un rêve et 2012 s’en est allé avec lui…

Une idée toute bête pour faire renaître les saveurs de Noël : faites fondre du chocolat, ajouter une bonne dose d’un mélange d’épices type épices pour pain d’épices (cannelle, clou de girofle, anis,…), mélanger, verser dans un moule de plaquettes et laisser refroidir.

plaque de chocolat maison

Mettre un carré en bouche et fermer les yeux…

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J’utilise le moule de plaquettes vendu par Anne Deblois avec son livre « Je fais mes tablettes de chocolat« . L’ensemble est vendu à un prix défiant toute concurrence. Le livre donne de bonnes idées et les photos mettent l’eau à la bouche. Le moule est vraiment très pratique. Les plaquettes sont faciles à démouler. On peut ainsi faire de succulentes plaques de chocolat avec les ingrédients de son choix (par exemple 100% végan et bio :-)) à moindre frais.

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Anne Deblois est aussi l’auteur de « Je fais mes barres chocolatées » que j’ai la chance de posséder également avec le moule de barres chocolatées qui l’accompagne ! Le livre est dans la veine de celui sur les tablettes, c’est à dire plein d’idées et de photos alléchantes. Le moule, quant à lui, est fait pour les gros(ses) gourmand(e)s (comme moi :-)) car les cavités sont très profondes ! Mais libre à vous de ne les remplir qu’en partie !

Par ailleurs, je suis une grosse consommatrice de fruits secs. Outre qu’ils sont bons pour la santé, les fruits secs présentent l’avantage de pouvoir mettre sur notre table des denrées exotiques avec un moindre impact sur l’environnement. En effet, ce procédé évite de transporter de l’eau, composant principal des fruits et légumes, depuis l’autre bout de la planète ! J’ose espérer que les fruits séchés en provenance de pays chauds que l’on trouve au Biocoop où je me fournis et qui ont une saveur incomparable sont séchés dans des conditions respectueuses de l’environnement, en utilisant l’énergie solaire disponible sur place.

Il faut savoir que le mode de transport influe directement sur la quantité de CO2 rejeté et donc sur l’impact du produit sur le réchauffement climatique. Ainsi, le transport d’un kilo d’ananas du Ghana par avion rejette 5 kg de CO2 tandis que le transport du même ananas par bateau engendre environ 50 g d’émissions de CO2, soit 100 fois moins. N’oublions pas qu’il vaut mieux acheter un produit local, issu de l’agriculture classique plutôt qu’un produit biologique importé, tant le transport est un facteur qui pèse dans le bilan environnemental. (Source : Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable) Le meilleur choix serait bien sûr d’acheter des fruits et légumes biologiques, cultivés dans la région.

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Barre chocolatée aux fruits secs et à l’avoine

Cette recette est la version végétale et fruits secs de le recette de Barre chocolatée aux fruits confits et à l’avoine de Anne Deblois.

Ingrédients pour 9 barres :
250 g de chocolat noir
250 g de fruits secs
30 g de flocons d’avoine
20 cL de lait d’avoine
1 cc d’agar-agar

Faire fondre la moitié du chocolat et en enduire les parois du moule.

Moule barres chocolatées

Diluer l’agar-agar dans un peu de lait. Verser le reste du lait et l’agar-agar dans une casserole. Porter à ébullition. Ajouter l’agar-agar et poursuivre l’agar-agar pendant 2 minutes. Hors du feu, ajouter les fruits secs et mélanger. Laisser refroidir.

fruits secs et lait d'avoine

Remplir les cavités du moule du mélange lait+fruits secs.

Recouvrir du reste de chocolat fondu.

Barre chocolat fruits secs

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Comme bien d’autres denrées (le saumon et les oranges par exemple), les bananes (et le chocolat 😦 ) sont des denrées qui n’étaient consommées qu’exceptionnellement il y a quelques décennies et dont la consommation est aujourd’hui devenue complètement banale. Un jour que je discutais avec des cadres d’un des acteurs majeurs de la filière banane équitable, ceux-ci m’apprirent que les bananes sont acheminées vertes vers l’Europe (en navire réfrigéré, comme les ananas et bien d’autres) et qu’on les fait mûrir dans des mûrisseries avant de les mettre en rayon !

En outre, le marché de la banane est dominé par trois acteurs qui se partagent 60 à 70% du marché mondial : Chiquita, Dole et Del Monte, condamnés en 2008 pour cartel. (Je note avec amusement qu’à l’heure où certains français partent en Belgique, à l’époque Chiquita quittait la Belgique pour la Suisse pour raisons fiscales).

Dans les Antilles Françaises, la grande majorité des plantations s’est lancée dans une culture durable, limitant fortement le recours aux produits phytosanitaires. Il faut dire que 20% des terres martiniquaises ont été polluées à la chlordécone, un produit phytosanitaire utilisé de 1972 à 1993 pour lutter contre le charançon. Or, la chlordécone, comme les dioxines ou les polychlorobiphényles (PCB), appartient au groupe des polluants organiques persistants : le produit est rémanent et sera présent à forte dose dans les zones contaminées pendant au moins un siècle et il faudra atteindre plusieurs siècles avant qu’il n’en disparaisse complètement. En 2002, des études ont montré que des légumes-racines (igname, dachine, patate douce) cultivés sur des sols pollués par la chlordécone étaient contaminés.

Malgré mes convictions, ce fruit pas du tout local qu’est la banane est apprécie de toute ma famille et j’avoue en acheter de quantités conséquentes (bio et équitable mais cela ne rachète pas les kilomètres parcourus). Notamment parce que ananas séchés et bananes fraîches sont appréciés de tous, je préfère que mes placards en contiennent suffisamment pour satisfaire les envies intempestives de grignotage plutôt que de voir les miens se rabattre sur des produits bien moins avantageux sur le plan de la santé tels que gâteaux apéro. Si vous avez des idées d’alternative à la banane (mais je vous rassure, on a aussi des pommes du coin dans ma cuisine !), je suis preneuse.

Le calcul de l’impact d’un produit alimentaire sur l’environnement est complexe mais afin de savourer ce qui suit sans complexe, n’oublions pas que de nombreuses études semblent placer l’alimentation végétale comme celle ayant le plus faible impact :
* le régime végétarien consomme moins d’eau (Source : WWC, page 23),
* Théoriquement, sur un hectare de bonne terre et avec des moyens techniques optimums, un agriculteur peut nourrir toute l’année jusqu’à 30 personnes avec des légumes, des fruits, des céréales et des matières grasses végétales. Si l’on consacre cette surface à la production d’oeufs, de lait, ou de viande, on ne nourrit plus que  5 à 10 personnes. (1)
* Sur la base d’une croissance de population de 40% d’ici 2050 et en l’absence de techniques permettant de limiter drastiquement les émissions liées à l’élevage, il faudrait limiter la consommation de viande par habitant à 90 g par jour pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre. (2)

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La recette suivante est, il faut le reconnaître, vraiment très gourmande. C’est en fait la recette de Barre chocolatée aux bananes à la cardamome dans laquelle j’ai remplacé la banane séchée par de la mangue séchée, faute du premier ingrédient.

Pour 9 barres
360 g de chocolat noir
90 g de mangue séchée
90 g de bananes fraîches
20 cosses de cardamome

Faire fondre la moitié du chocolat. En tapisser les parois du moule. Laisser refroidir.
Couper en morceaux la mangue séchée et la banane (je coupe la mangue séchée aux ciseaux).
Ouvrir les cosses de cardamome et en récupérer les grains.
Mélanger les fruits et la cardamome.

Faites fondre l’autre moitié du chocolat.

Garnir les barres du mélange fruits et cardamome.

Recouvrir de chocolat et laisser refroidir.

Barre chocolatée Barre chocolatée mangue, banane, cardamone

J’avais rajouté une pointe de citron pour éviter que les bananes ne noircissent mais je ne sais pas si c’est indispensable, quoi que cela rajoute une petite touche acidulée contrastant avec le sucré du chocolat et des fruits.

La cardamome est un épice absolument magique qui se marie de façon merveilleuse avec l’alliance de fruits secs et frais. Merci Anne Deblois !

(1) Source : Bruno Parmentier, « Nourrir l’humanité », 2007, Paris : Editions La Découverte)
(2) Source : Mc Michael Anthony J, Powles John W, Butler Colin D, Uauy Ricardo, « Food, livestock production, energy, climate change, and health », 2007, The Lancet
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