Végétarisme, végétalisme, entomophagie + élevage de porcs, farines animales et foie gras

A 7h15 ce matin, France Inter diffusait une chronique sympa sur les végétariens :
La tentation végétarienne

Amis omnivores à qui le scandale des plats industriels à la viande de cheval a ouvert les yeux, vous qui vous posez des questions sur l’impact des produits animaux sur la santé et l’environnement, l’AVF vous tend les bras !

Manger végétarien, ou -plus difficile encore- végétalien hors de son domicile relève du parcours du combattant. Ce soir, au restaurant, je me suis rabattue sur une soupe à l’oignon. Le chef devait juger qu’une simple soupe à l’oignon, fut-elle enrichie de produits animaux (graisse, crème, voir gélatine), n’était pas digne de son établissement. Aussi la soupe était-elle acompagnée d’une tranche de pain complet délicieux sur lequel trônait un gros morceau de lard. On m’a appris à ne pas gaspiller alors  j’ai goûté. Mais je n’ai pas pu faire plus que goûter. Le goût me rappelait trop l’odeur qui émane des porcheries : cette odeur de concentration animale, cette odeur de vie mêlée de mort, cette odeur d’animaux vivants qui sont presque morts, ou d’animaux morts qui n’ont jamais été vraiment vivants…

La dernière fois que j’ai senti cette odeur, c’était dans les Landes. A mon retour, quelqu’un de mon entourage à qui je décrivais la terre sableuse de cette région m’a demandé si les cochons vivent dans le sable. Ils vivent dans des porcheries et ne voient jamais la lumière du soleil. Enfin : peut-être y a-t-il des élevages de porcs en liberté dans les Landes mais je ne les ai pas vus.

J’ai ouvert Ouest France. Guillaume Garot, le ministre de l’agroalimentaire, « a affirmé, hier, qu’autoriser les farines animales dans l’alimentation des porcs et des volailles n’était « pas à l’ordre du jour ». La Commission Européenne vient d’autoriser ces farines pour la nourriture des poissons d’élevage et autres animaux d’aquaculture à partir du 1er juin. » Comme ça, quand je mangerai cet été la même quiche au poisson que ce midi (toujours en dehors de chez moi. C’était ça ou du bœuf braisé), j’avalerai non seulement des œufs de poule en cage et du lait de vache au soja transgénique mais en plus des farines animales. Remarquez : par rapport à des lasagnes au cheval avec ou sans phénylbutazone… Ma quiche au moins était faite maison par un cuistot qui avait l’air d’y mettre du cœur.

Ouest France consacrait aujourd’hui un article sur le foie gras, production à la fois pleine de perspectives avec notamment les succès de la campagne promotionnelle de la Saint Martin mais aussi de doutes, avec par exemple les attaques répétées des associations de protection animale et la fermeture du marché californien, ou encore la mise aux normes des élevages à l’horizon du 31/12/2015. Elle implique le remplacement des cages individuelles de gavage par des cages collectives qui représentent un investissement de l’ordre de 60.000 € par élevage. Mais rassurez-vous chers lecteurs : des aides régionales pourraient financer ces mises aux normes.

Plus loin dans Ouest France, un article sur une PME toulousaine, Micronutris, « créateur d’alimentation durable » et « premier élevage français d’insectes destinés à la consommation humaine » me laisse perplexe. Le patron est sans doute un entrepreneur dynamique, ce que je salue. Il déclare : « Il faut 10 kg de céréales pour produire 1 kg de viande bovine ou 3 kg de porc ou 5 kg de volailles ou 9 kg d’insectes. » Effectivement, les insectes remportent haut la main le meilleur taux de conversion. Le meilleur ? Vraiment ? Ne serait-il pas plus efficace encore de nourrir des humains directement avec les 10 kg de céréales ? Bio qui plus est car les insectes de Micronutris « sont nourris avec des céréales bio cultivées dans le département ». A moins que les insectes ne puissent se nourrir de parties des plantes non assimilables par les humains. « L’insecte français est écoresponsable et certifié AB ». Flûte ! Si je m’étais abstenue de goûter à ce morceau de lard puant la mort, moi aussi j’aurais peut-être pu prétendre être estampillée « écoresponsable et AB ». Allez : je l’attribue à Caroline Pivain du Paris Vegan Day et fondatrice du Gentle Gourmet Café intervenue ce matin sur France Inter.

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« Je suis une personne 100% végétale »

Caroline Pivain
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Dans l’article de Ouest France, ce type de phrase qui me fait toujours marrer :

« La demande mondiale de protéines va doubler d’ici à 2050.
Et les insectes – 1.400 espèces comestibles –,
c’est bourré de protéines et d’omega 3 ».

Mais d’où ces insectes tirent-ils ces protéines et ces omega 3 si ce n’est des végétaux qu’ils ont consommés ? Pour l’alimentation humaine, les graines de lin et de chanvre, par exemple, en sont bourrés. L’auteur de l’article et le personnel de Micronutris auraient
peut-être dû faire un tour sur le site de l’AVF et écouter la chronique de France Inter ce matin. Ce qui est rigolo, c’est qu’une heure avant cette même chronique, Europe 1 diffusait un reportage sur la levure de bière qui contient 16 acides aminés (les protéines sont des chaînes d’acides aminés), 14 minéraux et 17 vitamines :

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Code-barre/Sons/Une-levure-multi-fonctions-1421383/

araignée

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