La vérité sur ce que vous mangez – quelques révélations du Nouvel Obs

Déçue de ne pas avoir réussi à me procurer le numéro du Nouvel Obs de la semaine précédente, qui était consacré -faut-il le rappeler- au dernier livre de Marcela Iacub « Belle et Bête »,œuvre littéraire dans laquelle elle raconte sa relation avec DSK, je me suis rendue samedi chez un marchand de journaux pour voir quelle était la une du nouveau numéro. Mon intérêt pour le numéro du Nouvel Obs consacré à l’affaire DSK / Iacub n’était pas que pur voyeurisme de ma part. Il était motivé par le fait que Marcela Iacub est végétarienne et qu’elle est l’auteur de « Confessions d’une mangeuse de viande », livre qui m’a été offert mais que je n’ai malheureusement pas encore eu le temps de lire. Comme quoi les végétariens ne sont pas tous frigides 😉

Le dossier du dernier numéro du Nouvel Obs est consacré au contenu de nos assiettes, d’un point de vue sanitaire et malbouffe. Quoi que l’impact environnemental des pratiques de l’industrie agro-alimentaires et la problématique éthique qui leurs sont liées ne soient pas évoqués, l’article donne quelques exemples qui m’ont fait froid dans le dos alors que je croyais être avertie depuis longtemps.

Ainsi, après avoir fait le point sur le minerai, la VSM et la glu, le journaliste rappelle le quotidien de l’industrie charcutière. Citation de Robert Volut, président de la Fédération des Industriels Charcutiers et Traiteurs :

« Une andouillette de Vire, même si elle est faite avec des abats achetés en Chine,
reste une andouillette de Vire,
car c’est notre savoir-faire qu’on vend. »

Soulignons toutefois qu’il y a -je l’espère- une différence entre la charcuterie industrielle et artisanale.

Plus loin, l’article rappelle qu’en 2008, « 1.400 tonnes de viande de poulet avariée sont interceptées en Belgique. Exportées en Ukraine pour être transformées, elles devaient être réimportées frauduleusement dans l’Union Européenne sous forme de saucisses et de hamburgers. »

Ensuite, le journaliste décortique un menu. Extraits.

Apéro : Saucisses de cocktail

« Le plasma de porc, autorisé dans l’alimentation humaine, a été en revanche longtemps interdit dans l’alimentation des animaux, vache folle oblige. […] Depuis 2008, nos cochons ont ainsi l’insigne privilège de pouvoir manger leur propre plasma et leur propre sang. »

Le journaliste veut dire « le plasma de leurs congénères » mais cela reste tout de même répugnant. J’aime bien le dessin de Veggie Poulette sur les farines animales dont le cycle correspont à celui du plasma et du sang.

Ensuite, vous apprendrez que les saucisses de cocktail sont bourrées de nitrites de sodium, un conservateur incriminé dans le cancer colorectal.

Et en cherchant une image pour l’apéro, je suis tombée sur ce blog dont l’auteur a trouvé une étiquette de hot dog dont la saucisse est faite à partir de plasma de porc :

composition-hotdog-industriel_plasma_porc_vegan

Entrée : Saumon fumé

diflubenzuron 10sc_veganJe savais que les saumons d’élevage, entassés dans les fermes piscicoles, sont envahis par les poux de mer. Ce que je ne savais pas, c’est que pour les débarrasser de ces poux, ils sont traités avec un pesticide choc : le diflubenzuron. En 2010, la Ministre Norvégienne de la Pêche, dont la famille est active dans le business du saumon d’élevage, a habilement détourné le sujet que Bruno Le Maire, alors Ministre de l’Agriculture, avait alors souhaité discuter.

En outre, le Nouvel Obs révèle que le saumon fumé d’élevage doit sa couleur rose / rouge / orangée à des cocktails d’additifs chimiques que l’on retrouve également dans « les saucisses de Strasbourg, les autobronzants ou l’alimentation des poules pour redorer le jaune d’oeuf ».

 

 

 

 

 

Plat : nuggets de poulet

nuggets poulet suede_vegan_vegetalienLe Nouvel Obs confirme ce que m’a dit un éleveur de Loué, dont les pratiques n’ont pas grand chose à voir avec des industriels du poulet en batterie comme feu Doux ou ce que l’on peut trouver dans les pays de l’Est : aujourd’hui, les consommateurs  trouvent la chair de poulet fermier trop dure !!!

Citation de Samia Martel, chef de produit McDonald’s chez Cargill :

« Dans notre recette, on a environ 30% de poulet brésilien congelé et 70% de poulet frais venu d’Europe, dont majoritairement de la France. »

Garniture : Quiche de légumes surgelée

Deux extraits qui en disent long :

« Les sauces Cabanon, « made in France », s’approvisionnent désormais en bonne partie en tomates chinoises. »

« On ne parle même plus d’oeuf, mais d' »ovoproduit« . »

Dessert : Fromage blanc « light » aux fraises

Le journaliste explique la fabrication de la gélatine que l’on trouve dans les mousses, les crèmes, les bonbons et la charcuterie :

« Elle est à base de peaux de bœuf, de porc ou de poisson. […] Pour le bœuf, il faut faire macérer les « tissus conjonctifs » dans du lait de chaux, quant à la couenne de porc, elle fait un séjour dans un bain acide. »

Le menu, industriel et bourré de protéines animales, n’est pas non plus diététique. Personnellement, je me réjouis vraiment de manger végétal et local !

Le dossier se termine par 10 conseils de Laurent Chevallier, médecin nutritionniste. Pas de révélation mais faut-il le rappeller ?

  1. Privilégier les produits bio
  2. Supprimer les sodas et jus de fruit industriels
  3. Eviter l’aspartame
  4. Choisir des produits bruts, frais ou surgelés non transformés
  5. Oublier les boîtes de conserve
  6. Favoriser les produits de proximité
  7. Traquer le gras industriel
  8. Faire attention aux faux amis (comme les « fruits secs enrobés dans de la graisse » mais j’aurais dit « traités par des gaz »)
  9. Soigner ses produits de base – Ici, je suis interpellée par le fait qu’il recommande de « choisir du chocolat sans additif, type lécithine de soja ». Voilà qui ne courre pas les rues !
  10. scruter les étiquettes.

Pour plus de détails, je vous invite à vous procurer le numéro du Nouvel Obs.

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