Soigner ses enfants avec les huiles essentielles

soigner ses enfantsJ’avais lu et entendu que les huiles essentielles peuvent être dangereuses pour les enfants. Aussi, bien que j’ai commencé à m’intéresser à l’aromathérapie il y a quelques années, j’ai laissé tomber avec l’arrivée de mon premier enfant. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir grâce aux performances marketing d’Amazon le titre « Soigner ses enfants avec les huiles essentielles » de Danièle Festy, pharmacienne.

Le livre est un manuel pratique qui décrit les symptômes des maladies infantiles et des petits maux du quotidien et explique comment préparer des formules à usage interne ou externe pour les soigner : nez bouché, bronchite, bronchiolite, croûte de lait, constipation, colique, nez bouché, nez qui coule, mal des transports, poux, etc.

Des solutions pour les petits maux du quotidien mais aussi à ma grande surprise pour l’asthme ou pour des maladies contre lesquelles vaccins et antibiotiques sont généralement appelés à la rescousse : eczéma, grippe, otite, rougeole, oreillons, rubéole… Enfin, en France, parce que je sais par exemple que l’usage des antibiotiques, notamment pour les otites, est loin d’être aussi systématique en Allemagne que chez nous.

Si par exemple dans le cas de l’otite, l’auteur recommande une consultation de son médecin ou la décrit comme impérative dans le cas d’un bébé afin que celui-ci puisse diagnostiquer le type d’otite et suivre son évolution, elle donne des informations qui donnent à réfléchir :

« La plupart des otites ne nécessitent que le recours à de simples huiles essentielles anti-inflammatoires (en version classique, le médecin ne prescrit que des anti-inflammatoires), mais leur propriété anti-septiques sont un indéniable « + » qui évitera les complications. »

« En France, l’otite est l’une des premières causes de prescriptions d’antibiotiques, alors que, dans de nombreux cas, elle est dûe à un traumatisme (avion, plongée sous-marine) ou un virus : deux situations dans lesquelles les anti-biotiques n’ont pas vraiment leur place ! C’est pourquoi dans les autres pays européens, par exemple aux Pays-Bas, la prescription d’antibiotiques est fortement réduite : 40% des jeunes malades à peine en prennent. Mais dans l’Hexagone, on a peur de la mastoïdite (exactement comme dans le cas de l’angine), « surinfection » certes problématique mais vraiment rare. Les huiles essentielles, efficaces et antiseptiques, traitent le problème ET évitent tout risque de surinfection. »

« Evitez – au moins temporairement – les produits laitiers, ainsi que les sucreries, qui peuvent aggraver la sécrétion de mucus. »

J’aurais aimé avoir plus de détails sur ce dernier point. L’auteur fait la même recommandation en cas de nez bouché.

Les deux pages que l’auteur consacre aux antibiotiques sont passionnantes. Après un bilan effarant de l’utilisation des antibiotiques en France :

« [l]es jeunes enfants de moins de 6 ans avalent carrément un quart de tous les antibiotiques prescrits en France, le tout sous forme de 3 cures en moyenne par an ! EN MOYENNE ! Cette situation est consternante. Ces médicaments […] sont inefficaces dans près de 90% des maux qui touchent nos chères têtes blondes. »

« Sans compter que 80% des maladies ORL, des maux de gorge aux rhumes, en passant par les grippes et autres pharyngites, sont d’origine virale. Or, les antibiotiques sont inutiles contre les virus : ils ne combattent que les bactéries ! »

Danièle Festy explique que les antibiotiques peuvent encourager les allergies. Selon elle, les huiles essentielles sont une alternative crédible aux antibiotiques qui en plus concourent à renforcer l’immunité de l’enfant.

Ses propos au sujet des oreillons m’ont interpellée :

« La grande crainte, c’est que les garçons ayant eu les oreillons souffrent, une fois devenus adultes, d’une inflammation des testicules, et de stérilité. Une peur infondée puisque si ladite inflammation peut très rarement apparaître en effet (très, très rarement !), il en résulte plus rarement encore une stérilité. »

Les huiles essentielles sont la quintessence des systèmes de protection élaborés par les plantes pour se défendre. Elles sont à mon sens un outil précieux pour tout parent qui souhaite prendre en main la santé de son enfant, la consultation d’un médecin pouvant être recommandée voir impérative. Des formulations d’huiles essentielles préparés à la maison ne solutionneront peut être pas tous les problèmes mais je suis convaincue qu’elles peuvent être au minimum un remède complémentaire.

J’ai lu ce livre alors que mes enfants avaient attrapé un rhume et l’effet fut radical chez mon aînée de quatre ans, rapide chez mon second de deux ans.

J’ai utilisé un mélange à base de Bois de Hô et Tee Tree sur une affection cutanée qui a nettement diminué le problème chez mon aînée et stoppé l’évolution du problème chez mon second. En plus, habitué à lever la tête en arrière pour que je lui applique le mélange d’huiles essentielles, mon fils s’est, à la grande stupéfaction de la dermatologue, laissé faire lorsqu’elle a traité le problème à l’azote. Mon exemple montre qu’un parent peut se tromper de diagnostique puisque j’ai pensé que le problème était un impétigo (bactéries, décrit dans l’ouvrage de Danièle Festy) alors que selon la dermato, il s’agissait d’un molluscum contagiosum (viral, non décrit dans l’ouvrage de Danièle Festy sans photo). Mais les huiles de Tee Tree et Bois de Hô possèdent à la fois des caractéristiques antivirales et antibactériennes. Comme les médicaments que la plupart d’entre nous avons dans nos placards, les huiles essentielles sont à utiliser après mûre réflexion et discernement.

Enfin, contrairement aux médicaments chimiques, j’ai particulièrement apprécié le mode d’application. Les huiles essentielles sentent bon et leur application par massage est un moment de relation privilégié entre un parent et son enfant.

Huiles essentielles chémotypéesPar ailleurs, Danièle Festy donne aussi des formules pour des suppositoires à faire préparer par son pharmacien. Malheureusement, je ne demanderai jamais une telle chose à la pharmacienne inquisitrice et suspicieuse de mon village qui est exclusivement une vendeuse de produits chimiques en boîte. Mais dans une autre pharmacie dans laquelle je me suis rendue pour acheter une huile essentielle pour mon enfant, une pharmacienne sympa et ouverte m’a remis gracieusement l’ouvrage « Huiles essentielles chémotypées« , un petit livre fort utile pour les adultes.

Si j’ai quelque chose à reprocher au livre de Danièle Festy, et ce malgré les recommandations de l’auteur d’utiliser toujours la bonne huile essentielle (chémotypée), c’est de manquer de précision quant à la désignation des huiles essentielles. Ainsi, contre l’impétigo, elle recommande de l’huile essentielle de géranium. Mais geranium pelargonium x asperum ou geranium pelargonium x asperum cv bourbon ? Dans le doute, j’ai préféré ne rien acheter.

Également, Danièle Festy désigne le Bois de Hô comme aniba rosaeodora. Or, après avoir acheté un flacon de Bois de Hô, j’ai réalisé qu’il portait la mention cinnamomum camphora CT linalol. J’ai alors lu sur le site de Pranarom que « remplacer le bois de rose par du bois de Hô est l’alternative absolue pour pallier au défaut de bois de rose », celui-ci ayant été surexploité. Ceci démontre que chaque traitement, qu’il soit chimique ou aromatique, n’est pas dénué d’impact sur notre environnement. Une raison de plus pour les utiliser avec précaution.

Vous retrouverez cet article sur le blog des Vendredis Intellos.

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