Lait de chèvre, lait de brebis – Moi qui ait nourri mes petits, je pleure avec mes soeurs

chevreauCette semaine, au cours d‘un dîner dans un restaurant grec, je me suis rappelé avoir, il y a quelques années, mangé de la chèvre en Crète. J’ai alors réalisé que les français produisent et mangent beaucoup de fromage de chèvre mais ne mange pas de viande de chèvre. Aussi bizarre que cela puisse paraître, nous oublions trop souvent qu’il faut la naissance d’un petit pour qu’un mammifère femelle produisent du lait. C’est le cas notamment des femmes, des vaches, des brebis et des chèvres.

 

On peut donc considérer que deux types de viande sont les sous-produits des fromages de chèvre :

  • La viande de chèvre de réforme, c’est-à-dire celle d’une chèvre qui est écartée du circuit de la production de lait pour des raisons telles que l’âge ou la stérilité. L’académie de la viande nous apprend que :
    La chèvre de réforme est abattue à quatre ou cinq ans. Les connaisseurs recherchent la jeune d’un an qui n’a pas donné de chevreau.
    Ne trouvez-vous pas que cette phrase rappelle bizarrement le droit de cuissage ???
  • La viande de chevreau ou cabri, c’est-à-dire la viande de jeune mâle caprin, inapte par nature à produire du lait. Le jeune chevreau est généralement nourri à la poudre de lait reconstitué, celui de sa mère étant utilisé pour la production de fromages.

Selon Wikipedia, les chevreaux des régions productrices de fromage de chèvre Poitou et Ardèche sont exportés en Italie, où je suppose qu’ils sont engraissés, de même que de nombreux veaux qui font le même trajet dans le même but. Alors bien sûr, les producteurs et abattoirs aimeraient nous faire consommer cette viande. Ce serait peut-être d’ailleurs plus logique d’engraisser et consommer sur place ce que nous avons produit. J’ai discuté avec nombre d’éleveurs qui se désolent de voir partir leurs veaux en Italie mais il faut croire que c’est la loi du marché.

Toujours selon l’académie de la viande, la France représente avec un « petit million de chèvres » le troisième troupeau européen en effectif derrière la Grèce et l’Espagne. Elle est cependant le premier producteur de lait avec 500 millions de litres et produit 4.700 tonnes de viande de chevreau et 3.000 tonnes de viande de chèvre. Sur les 800.000 carcasses vendues par les abattoirs français, une sur deux est exportée (Italie, Suisse, Espagne …), à Noël et à Pâques notamment.

L’académie de la viande rappelle que les chevreaux fournissent aussi l’industrie de la maroquinerie et que les caprins fournissent de la laine.

 

Je me suis alors demandé à quoi peuvent ressembler les appareils servant à traire les chèvres. Et bien, cela peut ressembler à ça :

traite chèvreà ça : AR_Capri_90_tcm65-82272 ou encore à ça :

f-traite2

C’est en fait le même principe que pour les vaches : salles de traite, robots, caroussels…

Principe utilisé également pour les brebis :

caroussel brebis

Par contre, le petit de la brebis, l’agneau, est davantage prisé des français, notamment à Pâques qui approche. J’espère que vous vous souviendrez de cet article dans quelques jours.

J’évoque Pâques mais je peux tout aussi bien évoquer les fêtes de l’Aïd Al Adha, que les autorités marocaines s’efforcent de rendre plus hygiénique.

RituelSans compter que l’abattage halal se fait sans étourdissement. Attention, ces images peuvent être très choquantes :

 

Mais halal ou pas, la loi n’est pas toujours respectée : ici se trouve une vidéo insoutenable tournée dans un abattoir chypriote. Attention, ces images peuvent être très choquantes :

Alors ? Toujours envie d’une petite « gourmandise au lait de chèvre ? »

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Même « suitable for vegetarians », non merci ! Justement végétariens, interrogez-vous sur les conséquences des produits laitiers que vous consommez ! Si vous ne souhaitez pas manger d’animaux, sachez que la production de lait est indissociable de la production de viande ! Les industriels ne vous diront jamais ce qui se cache derrière leurs étiquettes.

Si je ne vous ai pas convaincu de vous passer de produits issus de chèvres et de brebis, alors je vous en prie, choisissez le producteur avec le plus grand soin. Le principe de l’exploitation animale reste présent mais l’esprit de l’élevage est différent de ce qui se pratique majoritairement ailleurs. Par exemple :

J’aime le site de cette bergerie et le franc-parler de l’éleveur : http://www.labergeriedebartherans.com/pages/Transparence_economique-2316376.html

Dans cet autre élevage, les chevreaux sont élevés au lait maternel : http://www.caprifolia.fr/index.php?ac=20

Enfin, pour faire part d’une initiative qui a du cœur, la ferme des rescapés offre une seconde vie aux chèvres de réforme et propose d’adopter des chevreaux.

Après avoir vu toutes ces horreurs, il est bon de s’émerveiller de quelque chose de magnifique. Si vous n’avez rien sous la main, je vous offre ceci :

59_arbre fleurs

 

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