Pourquoi ne pas acheter des sacs en peau d’animal mais des sacs #vegan

 

 

Récemment l’association PETA a diffusé un reportage sur le commerce des peaux de crocodiles utilisées en maroquinerie.

Ce reportage de six minutes contient de belles images sur les crocodiles mais aussi -attention- des images violentes sur la réalité de cette industrie.

On y voit notamment une « ferme » de crocodiles au Zimbabwe, rappelant étrangement une porcherie intensive. La seule différence est que les bâtiments n’ont pas de toit. L’usine dont les machines sont des animaux produit 43.000 peaux par an : son propriétaire ou son commercial se targue d’être le plus gros producteur de crocodiles du Nil au monde.

ferme crocodile Zimbabwe

 

Selon le reportage il faut la peau de trois crocodiles pour faire un sac Hermès. Il insiste que les crocodiles sont des êtres sensibles et intelligents. Dans la nature les mères crocodiles passent trois ans auprès de leurs petits. J’ai particulièrement été touchée par cette vision d’une mère crocodile portant deux petits sur sa queue ! Je penserai à eux la prochaine fois que je nagerai avec un de mes enfants sur mon dos ! 

crocodile portant ses petits sur sa queue

 

Le reportage vous emmène ensuite dans les couloirs de l’horreur, dans une autre usine à peaux de crocodiles, aux États-Unis cette fois. Les animaux durant leur vivant sont stockés avec leurs excréments dans des bassins à l´intérieur de bâtiments où règne selon les employés et -je veux bien le croire- une odeur immonde. Les ouvriers ne sont pas équipés de protections adéquates et sont souvent blessés.

 

Toute cette misère est ensuite tannée puis transformée en France par Hermès qui les vend sous forme d’objets futiles et éphémères tels que sacs et montres.

 En conclusion :

« Luxury should not equal cruelty ». – « Luxe ne doit pas rimer avec cruauté. »

Le reportage ne dit pas quelles ressources naturelles sont utilisées pour nourrir ces animaux ni ce qu’il est fait de leurs cadavres. On peut notamment supposer qu’outre leur violence ces pratiques génèrent une quantité de déchets phénoménale, composée des excréments et des corps scalpés. Si ces déchets ne sont pas traités de façon appropriée -et cela est fort à craindre au Zimbabwe et aux États-Unis- ils polluent gravement l’environnement.

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Ce reportage m’a rappelé cet article et ces photos devant lesquels j’étais restée bouche bée d’effroi. On y voit une chambre froide contenant des milliers de peaux de veaux utilisées par… Hermès.

sobeval-bis

Le directeur de la Sobeval se targue d’être lancé vers « l’avenir » en « apport[ant] une meilleure valorisation ». En effet cet abattoir est en train d’augmenter son taux de valorisation des peaux de veaux à viande abattus dans son établissement. En quelque sorte, en effet, quitte à tuer, autant tout récupérer. C’est ce que faisaient nos ailleux autrefois : lorsqu’un cochon était tué, tout étant mangé, transformé, utilisé. Sauf que la machine à consommer s’est emballée. Autrefois, les sacs étaient réparés, réutilisés. Aujourd’hui, les masses se doivent de consommer et de changer leurs biens à chaque saison.

une vache et son veau

On pourrait aussi se réjouir du succès d’entreprises françaises comme Hermès connues mondialement et embauchant des français en ces temps de chômage. Sauf que la France n’a pas encore compris que ce genre de filière – tout comme le nucléaire – ne représente pas l’avenir. L’avenir -selon moi, mais je ne suis pas seule à le penser- c’est de fabriquer des produits les plus vertueux possibles, des produits éthiques. Les entreprises qui ne seront pas rigoureuses dans leurs pratiques se feront tôt ou tard rattraper par la médiatisation. Jane Birkin vient de demander à Hermès de « débaptiser » le sac qui porte son nom

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