Delicatessen

Delicatessen. Connaissez-vous ce mot allemand ? Pour moi il évoque un met qui se veut raffiné mais dont la qualité n’est pas forcément au rendez-vous. Vous payez cher une présentation, un peu comme un morceau de foie gras vendu une fortune alors que derrière la bouchée, un animal a été élevé dans des conditions déplorables, gavé et abattu à la chaîne.

Je suis tombé en médiathèque sur la boîte du DVD de Delicatessen, un film de Jeunet & Caro tourné il y a plusieurs années déjà. Avec un tel titre et une sorte de cochon d’or en couverture, je ne pouvais pas ne pas l’emprunter.

Le film plonge le spectateur dans un univers intemporel, inspiré partiellement de la seconde guerre mondiale. Les locataires du boucher au regard inquiétant disparaissent systématiquement peu après leur arrivée. Le dernier arrive innocemment en déclarant :

« De toute façon, je ne mange pas de viande.

Avec lui débarque dans cet immeuble de ‘carnassiers’ prêts à beaucoup de choses pour manger un morceau de viande, un  monde de poésie qui fait rêver les enfants et la fille du boucher. Tout un univers qui pourrait disparaître complètement, ou être relégué aux égouts, comme le sont déjà « tous ces pédés de bouffeurs de légumes [qui] ne perdent rien pour attendre. »

Au final, c’est l’innocence, la magie et la poésie qui triomphent. La violence est terrassée par ce qu’elle engendre : la violence.

Une magnifique ode au rêve, à la tendresse. Un monument d’anthologie qui devrait faire réfléchir chacun.

Delicatessen

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