Dix raisons de ne plus manger de viande – Raison 3 : Je ne veux pas bouffer de la peur

Je ne veux pas ravaler ma peur. Je ne veux pas avaler de peur. Les cris de nos compagnons animaux sont le lien entre leur peur et la viande que nous consommons.

D’un abattoir émane une aura de culpabilité. Ces lieux ont été construits loin des centres-villes avant que les habitations ne s’en rapprochent. Celui qui veut manger de la viande devrait faire un stage de six mois dans un abattoir. J’ai habité près d’une route menant à l’un de ces lieux de terreur. A partir de trois heures du matin, la maison vibrait au passage des camions qui se succédaient.

Un jour que j’étais dans un train de nuit à la frontière austro-italienne, j’ai entendu les cris des animaux parqués dans un train à bestiaux et j’ai pensé à Auschwitz.

De nombreuses substances sont libérées dans les veines de l’animal lorsqu’il est tué, notamment de l’adrénaline, la substance de la colère et de la peur. Comme si l’animal menacé ne voulait pas que sa chair ait bon goût.

Aucun animal sauvage ne fait souffrir sa proie autant que souffrent les animaux d’élevage menés à l’abattoir. Dans la nature, les animaux tués par d’autres le sont en un clin d’œil. Certains prédateurs mettent presque de la tendresse dans leur geste, tel le serpent qui entoure un rongeur avant de lui briser la nuque d’un seul coup.

Lorsque la chasse était considérée comme un art, il fallait que l’animal soit touché directement au cœur de façon à ce qu’il n’ait à subir de combat à mort. Non par égard pour l’animal mais pour que sa viande soit savoureuse.

Même bourrés de calmants, les animaux de nos abattoirs sentent venir leur mort. Une machinerie les y conduit inexorablement. Les animaux d’un troupeau poursuivis par un fauve éprouvent de la peur pour leur survie. Ceux menés à l’abattoir éprouvent la peur d’une mort inéluctable.

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D’un troupeau poursuivi par un fauve, la plupart des animaux survivront. Des animaux menés à l’abattoir, aucun n’échappera à la mort.

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