Un tampon à la mer – Hé les filles ! Merde quoi !

Voilà : envie de pousser un gros coup de gueule. Je vous résume : pendant que mes enfants ramassaient des coquillages sur une plage de l’Hérault, je me suis mise à ramasser des déchets, histoire de me réchauffer en faisant quelque chose d’utile. Vue d’ensemble, la plage était propre. Mais si vous baissez les yeux, même une myope comme moi réalise que le sable est en fait jonché de déchets de plastique.

 

Une mer à l’agonie

J’en avais ramassé plein la veille. En première ligne des mégots, des briquets et ce que je prenais pour des bâtons de sucette. Aujourd’hui, l’immensité de la tâche et l’ampleur de la catastrophe ne se sont fait que plus ressentir. Tous ces morceaux de plastique se fragmentent et se re-fragmentent. Un gros morceau de plastique donne des milliers de petits bouts de plastiques. Ils vont et viennent avec la mer, s’enfoncent dans le sable, disparaissent, se cassent et réapparaissent. Nos enfants vont-ils faire des pâtés de plastique plutôt que de sable ? Je crains qu’on en soit déjà là. Partout des billes de polystyrène, des fragments de plastique, des morceaux de fil plastique. Ci-dessous, le sac plastique rattrapé au vent en ville, était rempli de ces cochonneries.

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Vous vous demander encore pourquoi ramasser les déchets ?

 

 

Des tampons hygiéniques à la plage

Et là c’est outrée que je suis tombée sur des applicateurs et des tampons hygiéniques :

tampon hygiénique à la plage

Bien évidemment, l’applicateur en plastique n’est absolument pas biodégradable. Mais la « gaze » du tampon ne l’a pas l’air non plus. Je suppose que les fabricants s’en contrefichent. Je les vois se frotter les mains en se réjouissant de fabriquer des cochonneries que les femmes achètent tous les mois pour les mettre à la poubelle. Et bien non, disons leur « merde ». Des solutions alternatives et plus écologiques, il en existe des tas !

Mais d’abord ? Comment ces applicateurs arrivent-ils là ?

C’est le site de surfrider qui me l’apprend : par les toilettes, et le réseau d’eaux usées lorsqu’il est saturé en cas de forte pluie :

Pourquoi autant de bâtons de coton-tiges sur les plages ?

Et par la même occasion, j’apprends que ce que je prenais pour des bâtons de sucettes sont en fait des tiges de coton tiges ! Et re-merde ! Vous pouvez pas vous essuyer les oreilles dans une serviette (lavable, bien sûr). J’ai ai ramassé plusieurs dizaines.

 

Les alternatives écologiques au tout jetable de la protection féminine menstruelle

Appelez cela comme vous voudrez. Je ne vais pas me lancer dans une thèse. De nombreux autres blogs se sont emparés du sujet, et fort bien. Je vais donc lister les solutions que j’ai testées. Je suis sûre que vous en trouverez une à votre goût. Tapez le nom sur internet et vous trouverez plein de renseignements. Pardonnez mon énervement, mais on est à un point crucial où il faut vraiment ouvrir les yeux.

  • la coupe menstruelle
    J’ai acheté il y a plusieurs années une mooncup et j’ai absolument adoré le grand sentiment de liberté qu’elle m’a procuré. Ne plus avoir quoi que ce soit à acheter pour garnir son placard. Seul hic : elle m’a donné des migraines terribles, ce à quoi je ne suis absolument pas sujette. Une ostéopathe m’a résolu le problème de dure-mère engendré. J’ai cherché partout ; il semble que je sois une exception et que cela ne fasse ça à personne d’autre. Résultat, la mooncup est restée dans un tiroir. Je la donne volontiers si quelqu’un se sent l’âme de la mettre à bouillir avant de s’en servir.
    L’an passé, je suis tombée sur une publicité de Meluna, une coupe menstruelle qui propose différentes tailles. Je suis entrée en contact avec eux. J’ai eu des réponses claires et sympathiques et j’ai de nouveau investi. Nickel. La coupe me va parfaitement. Pas de migraine. Seuls bémols : il faut avoir les mains bien propres et être prête à manipuler au plus près de son corps, ce qui ne plaît peut être pas à tout le monde. Et puis personnellement, j’aime de moins en moins avoir quelque chose à l’intérieur. Mais la coupe est une alternative géniale aux tampons jetables. Ne la jetez surtout pas aux toilettes, hein ? Vous la nettoyez et la réutilisez !

 

  • le flux instinctif libre
    Au hasard de mes lectures, je suis tombée sur le flux instinctif libre. L’idée est que l’on peut être continente pour le sang des règles comme pour l’urine. Lire des témoignages de femmes qui y sont parvenues m’a emballée et je me suis évidemment dit : « si elles y arrivent, je dois pouvoir y arriver aussi. » Clairement, le bilan est mitigé dans mon cas. J’ai la chance de travailler chez moi, ce qui est pratique pour aller aux toilettes. Mais hors du domicile, ça se complique grandement, même si je me suis appuyée sur l’auto-hypnose, ce qui marcherait encore plus si je le faisais régulièrement. Je considère toujours que c’est faisable, à condition d’y passer un peu de temps, au début. Comme beaucoup de choses, cela nécessite un effort au démarrage pour se reconditionner. À mon avis à tester par toutes et possible pour beaucoup.

 

  • Les serviettes lavables
    Les partisanes du flux instinctif libre diraient probablement qu’il n’est pas bon de faire un mix de plusieurs choses car le corps se lâche, sentant qu’il y a des protections. Oui, mais…. Mais pas facile de revenir des années en arrière. Pas facile de gérer en pleine réunion et plein d’autres situations qui de banales peuvent devenir rocambolesques. J’ai donc personnellement choisi de coupler le flux instinctif libre à des serviettes lavables. Les serviettes lavables me semblent aujourd’hui l’alternative la plus simple aux protections périodiques jetables. Vous en trouvez sur internet ou n’importe quel salon bio. Comme j’essaie de pratiquer le flux instinctif libre, j’ai investi dans quatre protège-slip et cela me suffit pour passer le temps de mes règles qui est par chance court et relativement peu abondant. Soulignons que ces serviettes n’ont rien à voir avec les tissus que les filles devaient se rouler entre les jambes au XVIème siècle ou après guerre, comme on peut le lire dans les romans ou l’entendre. Elles sont dans des matières naturelles super absorbantes, doublées d’un tissu imperméable et se clipsent sur la culotte. Vous pouvez aussi les fabriquer vous-même si vous savez coudre. Personnellement, j’ai été très agréablement surprise par la douceur de la sensation qu’elles procurent. Rien à voir avec le synthétique des jetables !

 

Valoriser le sang menstruel

Désolée : j’utilise mon jargon de spécialiste des déchets 😉

Regardons les menstrues comme quelque chose de sacré, ou tout simplement comme un produit fertilisant, ou encore comme les deux ! Videz vos coupes menstruelles dans vos pots de fleurs. Faites tremper vos serviettes lavables dans un seau  et arrosez en vos plantations. Ça vous dégoûte ? Je vous rappelle que le sang séché est un fertilisant autorisé en agriculture biologique. C’est l’une des raisons pour lesquelles on est très loin actuellement d’une agriculture végane. Je suis convaincue qu’une agriculture végane est possible, mais actuellement on en est très très loin. Cela devrait faire l’objet d’un prochain article 🙂 Mais d’ici là, surtout que je ne retrouve pas un seul applicateur de tampon dans la nature, OK ?

 

PS. Vous qui me lisez êtes probablement déjà sensibilisé. Mais passons le mot : il  le faut !

 

 

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